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Blanchiment
L'univers des centres financiers offshore et des pays et territoires à secret bancaire fort constitue un élément clef de l'infrastructure financière mondiale. L'ensemble d'outils qu'il constitue peut servir à blanchir les produits d'activités criminelles. La globalisation des services financiers et la progression massive des paiements électroniques favorisent également les activités de blanchiment : le système financier offre la possibilité d'imiter les caractéristiques et le comportement des transactions légitimes. En outre, il n'y a aucune séparation institutionnelle ou fonctionnelle apparente entre les transferts d'argent licite et illicite. En 1996, on estimait à 1000 milliards de dollars le montant des capitaux blanchis chaque année, soit entre 2 et 5% du PIB mondial.
Centres offshore : un essai de définition
Les centres financiers offshore sont des pays ou territoires dans lesquels coexistent une réglementation générale, dite onshore (territoriale), pour les activités financières "nationales" et une réglementation d'exception, dite offshore (extraterritoriale), pour les activités financières tournées, à titre principal et parfois exclusif, vers l'international. Dans ces juridictions, qui ne sont donc pas nécessairement des Etats, les sociétés et institutions financières enregistrées sous ce régime sont dispensées de respecter un grand nombre de réglementations et d'obligations applicables aux autres sociétés ou institutions financières nationales, notamment en matière prudentielle (réserves obligatoires, contrôles, etc.).
Les banques offshore, au capital détenu par des résidents ou des non-résidents, traitent avec des personnes (souvent d'autres institutions financières) non résidentes et effectuent des transactions dans une monnaie généralement différente de celle du pays ou territoire où elles sont enregistrées. Les actifs extérieurs de ces centres sont en général hors de proportion avec l'activité courante de leur économie domestique : les Iles Caïman, par exemple, recueillent plus de 400 milliards de dollars de dépôts bancaires extérieurs (plus que la France) alors que leur population est inférieure à 30 000 habitants.
Il y a aujourd'hui environ 70 centres offshore dans le monde. Si la majorité reste située dans les Caraïbes, on compte de nombreux nouveaux venus en Asie, dans le Pacifique et dans l'océan indien. En outre, de nombreux centres offshore subsistent en Europe.
Les centres offshore cumulent à la fois sous-réglementation prudentielle et arsenal juridique insuffisant en matière de prévention, détection et répression de la délinquance financière. Dans de nombreux centres offshore, la capacité d'investigation des autorités de contrôle et des autorités judiciaires est directement entravée par des règles et pratiques dommageables.
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