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Gouvernance Internationale II : Inégalités et marchés du travail |
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éditorial par la rédaction
Au début des années 90, on a prôné la dérégulation des marchés, de capitaux comme de travail, pour lutter contre la stagnation de léconomie et retrouver le plein emploi dans un cadre compétitif. La longue histoire de linstitutionnalisation du marché du travail et de la protection des populations les plus faibles sest ainsi brusquement arrêtée. Lexclusion est devenue un phénomène massif et inquiétant pour la paix sociale. La justification dune intervention sur les marchés financiers après les dernières crises financières (voir CdP n°52) entraîne une remise en cause, de moins en moins timide, de la dérégulation systématique des marchés du travail. Aujourdhui, le modèle du "tout marchand" apparaît plus comme un postulat idéologique que comme un instrument économique efficace.
Pourquoi ? Dabord parce que les marchés de travail dérégulés nexistent pas vraiment et fonctionnent mal. Le bon niveau demploi des pays anglo-saxons cache des dysfonctionnements en matière de formation et de productivité de la main-duvre. Lajustement par les prix ne suffit pas à préparer lavenir de léconomie. Ensuite, parce quen bousculant les modes de redistribution des richesses, en privilégiant la rémunération du capital sur celle du travail, les réformes libérales ont fini par remettre en cause les modèles nationaux de gouvernance. La croissance constante des inégalités, la modification des rapports de production, la précarisation des liens sociaux qui les ont accompagnées ont partout généré de nouvelles oppositions à léconomie de marché. Dès lors, comment penser linternational en labsence de systèmes efficaces de gouvernance nationale et régionale ?
Aujourdhui, au moment où se dessine un mouvement de recherche de règles consensuelles au niveau international mouvement chaotique et imparfait mais réel les négociations internationales achoppent en partie à cause du manque de légitimité des principaux négociateurs : les gouvernements. Comment saccorder sur des règles internationales quand les pactes nationaux sont fragiles, quand le mandat des négociateurs nest pas clair ? Cest à cela quon a encore assisté à Seattle, lors de la conférence ministérielle de lOrganisation mondiale du commerce en décembre dernier. Les gouvernements sont venus promouvoir des agendas nationaux plutôt quinternationaux et, pourtant, leurs opinions publiques, au travers des organisations non gouvernementales, ont remis en cause jusquà leur légitimité à négocier pour eux des normes internationales. Lagenda est donc double : prendre en compte les limites sociales de la dérégulation au niveau national et soutenir la négociation de normes internationales, seules aptes à assurer la durabilité des pactes sociaux nationaux.
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