Lempire
des plantes
Christophe Bonneuil, CNRS
Lexploration botanique est un des mobiles de lentreprise
coloniale et devient rapidement un enjeu crucial dans la lutte
économique que se livrent les puissances impériales européennes.
Le transfert de plantes utiles à travers le monde détermine une
géopolitique des jardins botaniques dacclimatation en vue
dune exploitation commerciale.
n
août 1802, Lachênaie, apothicaire chimiste à la Guadeloupe, adresse
à lAcadémie des sciences un mémoire sur la culture de la
canne et la préparation du sucre. Bien quil écrive depuis
une colonie française, il transmet ses informations sous forme
cryptée, à linstar dun diplomate ou un espion. Comment
expliquer cette collusion récurrente entre botanique
et espionnage ? Quelles sont les valeurs et la fonction des
connaissances botaniques dans le contexte des rivalités entre
puissances européennes pour quelles fassent lobjet
dun tel secret ? Dans quelle mesure la botanique a-t-elle
contribué à lessor économique des empires européens en permettant
aux colonisateurs de se faire "maîtres et possesseurs"
des ressources naturelles de la planète et des environnements
quils colonisaient ?
Une partie déchec botanique planétaire
On sait quavec celle des métaux précieux, la quête de produits
végétaux (épices, drogues, soieries, plantes tinctoriales, etc.)
fut un mobile essentiel de la conquête du monde par les Européens
à partir de la deuxième moitié du XVe siècle. Cest pour sassurer
le monopole du commerce du poivre et des épices que les Portugais
simplantent en Asie, avant que ne simpose au XVIIe siècle
la domination hollandaise. Cest la même quête qui pousse Christophe
Colomb à chercher une route Atlantique et lui fait voir, dans lîle
de Cuba quil vient de découvrir, "des épices et du coton,
du mastic... de la rhubarbe et de la cannelle".
Dans cette quête, on fait appel à lexpertise des naturalistes
pour dresser linventaire des ressources des régions conquises
et évaluer la valeur des terres à conquérir. Outre les matériaux
et les observations rassemblés par les marins, les diplomates,
les commerçants ou les missionnaires, on se préoccupe très vite
denvoyer outre-mer des observateurs plus spécialisés en
histoire naturelle. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, des
botanistes, souvent de formation médicale, sont ainsi systématiquement
adjoints aux grandes expéditions dexploration : Joseph
de Jussieu part au Pérou avec La Condamine et Bouguer en 1735,
Philibert Commerson embarque avec Bougainville en 1768, La Martinière
accompagne La Pérouse en 1785, Joseph Banks et Daniel Solander
partent avec Cook en 1768 ou encore Robert Brown et Peter Good
sont membres de lexpédition australe de Flinders en 1801.
Au XIXe siècle, les grandes expéditions militaires sont accompagnées
ou suivies par lenvoi dingénieurs, de savants et de
naturalistes (Egypte, Morée, Algérie), tandis que les principales
missions dexploration et de conquête de lAfrique comprennent
toujours un médecin aux solides connaissances botaniques, tels
Kirk avec Livingstone ou Ballay avec Brazza. A la fin du XIXe
siècle, les gouverneurs des colonies récemment conquises en Afrique
et en Asie font également appel à des naturalistes chargés dinventorier
et cartographier les ressources naturelles. Cest ainsi dans
le cadre dune mission constituée par le lieutenant-gouverneur
du Soudan (Mali) quun jeune botaniste et futur professeur
au Muséum, Auguste Chevalier, identifie en 1898 la principale
plante productrice de caoutchouc (alors principal produit dexportation
de lAfrique de lOuest), étudie la localisation de
ses principaux peuplements et améliore les méthodes dextraction
et de coagulation.
Mais les services rendus à lentreprise coloniale par la
botanique ne se limitent pas à linventaire des produits
susceptibles de devenir objet dexploitation et de commerce.
Dès la fin du XVIIe siècle, la question du transfert des plantes
dun point de la planète à un autre devient en enjeu crucial
dans la lutte économique que se livrent les puissances européennes.
Les Européens sefforcent tout dabord denrichir
leur potentiel de production agricole en introduisant sur leur
territoire des plantes utiles exotiques. Ainsi, le gouvernement
suédois soutient le naturaliste Linné dans ses efforts (infructueux)
dintroduction et de culture en Suède de produits tels que
lopium, le thé et le coton, dont les importations sont si
coûteuses en métal précieux.
En outre, les puissances qui disposent de colonies sefforcent
de transférer dans leur espace économique des produits achetés
à lextérieur. On sait par exemple que les épices, venues
dOrient, restèrent longtemps monopole portugais puis hollandais,
jusquà ce que Pierre Poivre ne dérobât des plants de cannelier,
de giroflier et de muscadier aux Indes néerlandaises pour les
cultiver à lIle de France (Ile Maurice). De même, au début
du XVIIIe siècle, les Hollandais sont parvenus à introduire le
café à Java, dont la production supplante bientôt celle du sud
de lArabie. Mais cette position est bientôt contestée par
la colonie française de Saint-Domingue qui, en 1789, assure plus
de la moitié de la production mondiale dans ses plantations esclavagistes.
A lorigine de cette mutation économique, un plant de caféier
offert à Amsterdam en 1714, cultivé au Jardin des plantes à Paris
par Antoine de Jussieu et transporté peu après vers les Antilles.
Pour mener à bien ces transferts et ces introductions devenus
décisifs, on fait appel à des botanistes, et lon établit
des jardins dans les comptoirs et les colonies. Après celui du
Cap, créé dès 1654 par la Compagnie hollandaise des Indes, viennent
celui des Pamplemousses en Ile de France (Ile Maurice, 1735-36),
de Port-au-Prince (Saint-Domingue, 1777), de Calcutta (1787) ou
de Bogor (1817), pour ne citer que les plus importants. Un intense
trafic de " voyageurs naturalistes " et de plantes approvisionnait
ces jardins en nouvelles espèces et les mettaient en communication
les uns avec les autres, avec le Jardin des plantes de Paris pour
plaque tournante.
Les conquêtes sintensifient
Au XIXe siècle, ce mouvement de mobilisation des plantes
par les économies impériales saccélère et le réseau planétaire
de jardins botaniques se densifie. La révolution industrielle et
le déclin de la traite esclavagiste conduisent à linstauration
dans lensemble de lespace tropical de nouveaux modes
dexploitation de la nature et des hommes : la conquête
coloniale (Asie du Sud et du Sud-Est, Océanie, Afrique), lorganisation
plus systématique du pillage des ressources naturelles telles que
minerais, ivoire, gommes et caoutchoucs, bois, lessor de léconomie
de plantation (Asie, Indonésie, plus rarement Afrique tropicale),
ainsi que lextraversion des agricultures paysannes (si caractéristique
en Afrique de lOuest). Alors que la consommation de produits
tropicaux ne cesse daugmenter dans les sociétés industrielles,
cest lespace tropical dans son ensemble, et non plus
seulement les îles, qui est transformé en centre de production des
ressources requises par les sociétés industrialisées.
Par ailleurs, le transport des plantes est rendu plus aisé par
la marine à vapeur qui raccourcit les voyages et par linvention
en 1829 de la caisse Ward1. Cette
caisse vitrée évite à la plante le contact avec les embruns salés,
et ne laisse passer que le strict minimum dair permettant
aux plants de se maintenir en vie à travers les multiples conditions
climatiques du voyage. Pour les plantes ne pouvant voyager sous
forme de graine et devant être transportées en plants, les taux
de survie nétaient que de quelques pour cent au XVIIIe siècle
après un long voyage (il faut alors environ neuf mois pour aller
dAsie aux Antilles). Avec la caisse Ward, ces taux peuvent
avoisiner les 90%.
Certains ont vu dans une opération comme le transfert du quinquina
des forêts sud-américaines aux plantations coloniales du sud-est
asiatique par Kew et la Compagnie anglaise des Indes un exemple
de big science avant la lettre. Il est vrai que de tels transferts
reposaient sur un dispositif complexe : des dizaines de voyageurs
chasseurs de plantes appointés par les jardins botaniques ou les
sociétés savantes des métropoles, un réseau de jardins coloniaux
et de savoir-faire botanique assurant la bonne circulation des
plantes à travers le monde, ainsi que des chercheurs étudiant
sur place les méthodes de culture et lagronomie des plantes
nouvellement introduites pour montrer la voie aux planteurs. Vers
1900, le jardin botanique de Kew est au centre dun réseau
de près de 80 jardins botaniques coloniaux dans lEmpire
britannique.
La botanique tient également une place de choix dans lentreprise
dexpansion coloniale française. Les naturalistes jouent
ainsi un rôle essentielle dans le projet de conquête et de colonisation
de lAlgérie à partir de 1830 ainsi que dans la politique
agricole mise en place par la suite. Pas moins de vingt et un
jardins dessais sont établis dans les deux premières décennies
de la conquête. Lorsquen 1854, à linitiative dIsidore
Geoffroy-Saint-Hilaire, professeur au Muséum national dhistoire
naturelle, est créée la Société impériale zoologique dacclimatation,
qui se donne pour but duvrer à une meilleure utilisation
des ressources animales et végétales de la planète, les jardins
algériens servent à cette entreprise tout à la fois de relais
et de laboratoire.
Le projet napoléonien pour lAlgérie est den faire
un centre de productions tropicales, peuplé de petits exploitants
européens assistés de toutes les ressources de la science. Les
ingénieurs rivalisent de projets pour humidifier le climat algérien
tandis que les professeurs du Muséum élaborent des théories sur
lacclimatation de végétaux et danimaux et, déjà, en
vantent les retombées économiques. Les recherches conduites dans
les jardins dessais visent avant tout à acclimater des cultures
tropicales (canne à sucre, coton, vanille, café, cacao, indigo,
tabac, etc.)2. Après de multiples
échecs et avec labandon du régime de lexclusif qui
interdisait aux colons dAlgérie de concurrencer les agriculteurs
français, ce programme dacclimatation est finalement abandonné
dans les années 1860 au profit du blé et de la vigne. Par contre,
la nouvelle poussée dexpansion coloniale en Afrique noire,
à Madagascar et en Indochine saccompagne, là encore, de
limplantation dune trentaine de jardins dessais
coloniaux coordonnés par le Muséum, dont Saïgon (1865), Hanoï
(1886), Libreville (1887), Tunis (1891), Tananarive et Conakry
(1897). Outre leur fonction agricole, ces jardins contribuent
également à donner aux villes coloniales leur identité en élaborant
à grand renfort de cocotiers de Polynésie, de flamboyants
de Madagascar, de bougainvilliers du Brésil, etc. les registres
végétaux dune tropicalité cosmopolite et maîtrisée, conçue
pour le confort de lhomme blanc et pour mettre en scène
sa capacité à "civiliser et discipliner la brousse sauvage".
La Botanische Zentralstelle für die deutschen Kolonien (1891)
du jardin botanique de Berlin, joue bientôt, dans lEmpire
allemand, un rôle similaire à Kew et au Muséum national dhistoire
naturelle : il correspond avec les jardins constitués dans
les colonies allemandes dAfrique et dOcéanie. Aux
Indes néerlandaises, où la colonisation agricole est déjà ancienne,
le jardin botanique de Buitenzorg constitue à la fin du XIXe un
centre majeur de botanique et décologie tropicales, et coordonne
un ensemble de stations de recherche agricole spécialisées dans
les principales cultures coloniales, financées par les organisations
de planteurs, qui participent à la définition des priorités de
recherche.
Au total, vers 1900, près de deux cents jardins botaniques et
plusieurs centaines de botanistes assurent, dans les empires européens
coloniaux, linventaire, létude, la mise en circulation
et lamélioration agronomique des principales ressources
végétales planétaires.
Lempire de la botanique
Si les botanistes mirent leur savoir au service de léconomie
coloniale et de la domestication productive des espaces colonisés,
cela leur permit en retour daffirmer leur position sociale
et leurs moyens daction. Au XVIIIe siècle, la nouvelle légitimité
donnée par le contexte colonial à létude non médicale des
plantes est un des facteurs déterminants de lautonomisation
de la botanique par rapport à la pharmacie.
La professionnalisation de la botanique au XIXe siècle est également
largement "tirée" par les empires. Le cas britannique
en est certainement la meilleure illustration. Le succès dopérations
aussi décisives que celle du transfert du quinquina et de lhévéa
contribuent très fortement à la réputation des botanistes de Kew
auprès des administrations et des entrepreneurs coloniaux. Son
directeur, Sir William J. Hooker, est en mesure de transformer
le simple parc princier quétait encore Kew au début du siècle
en une puissante institution botanique rayonnant sur lEmpire
britannique et sur le monde entier, dotée de lherbier le
plus riche du monde dès les années 1860. Cest à Kew que
sont formés les chasseurs de plantes envoyés à travers le monde,
les jardiniers et les botanistes recrutés par les jardins botaniques
des possessions coloniales. Lessor de limpérialisme
colonial britannique et le rayonnement du jardin botanique de
Kew vont de pair. Dans les possessions britanniques, outre les
28 jardins botaniques existant en 1880 (pour la plupart créés
avant 1820), on compte près de 60 nouveaux établissements en 1900.
Or, vers les années 1880 encore, les universités britanniques,
souvent plus portées vers les études classiques que vers les sciences,
noffrent guère de situation attractive aux jeunes botanistes
brillants. Ceux-ci préfèrent donc occuper des postes plus prestigieux
et mieux rémunérés à Calcutta, Madras, Ceylan, Singapour, Le Cap
ou Melbourne.
Cest également par son implication dans lexpansion
coloniale de la troisième République que le Muséum national dhistoire
naturelle trouve un nouveau souffle institutionnel et une nouvelle
légitimation, et quil offre une niche aux disciplines naturalistes
contestées dans le champ scientifique français par lascension
de la biologie expérimentale. De même, la communauté professionnelle
de botanistes hollandais se structure tout autant autour des stations
des Indes néerlandaises que des universités métropolitaines, sans
oublier les dizaines de botanistes allemands qui trouvèrent à
semployer dans les services forestiers coloniaux britanniques
ou les stations expérimentales des Indes néerlandaises.
On ne saurait donc comprendre le développement de la botanique
sans la situer dans le contexte de lexpansion européenne
qui a structuré son évolution intellectuelle. Les opportunités
de voyage et de travail offertes à des centaines de scientifiques
dans les empires européens, cette accumulation déchantillons
et cette mise en réseau dobservations rapportées de toute
la planète ont apporté les conditions matérielles et institutionnelles
sans lesquelles les travaux dun Darwin, en lien constant
avec Kew, ou dun Wallace auraient été impossibles. La rencontre
avec la végétation tropicale favorisa lémergence de nouvelles
approches et de nouvelles théories et fut un terrain important
pour la naissance de lécologie3. Parfois, lexpansion coloniale fournit également son
langage et certains de ses modèles à la science. Cest le
cas avec la biogéographie qui recourt au XIXe siècle aux termes
de "patrie" ou de "nation" et conçoit les
plantes comme intrinsèquement animées par une volonté de colonisation
de nouveaux espaces, tendance limitée uniquement par les barrières
naturelles ou la concurrence dautres espèces4.
1) Sur linvention
de la caisse Ward, voir David E. Allen, The Victorian Fern Craze.
A History of Ptedimonia. Hutchinson, 1969, p.8-16.
2) Voir Michael A. Osborne, Nature, the Exotic,
and the Science of French Colonialism. Indiana Univ. Press, 1994.
3) Outre limportance de la rencontre avec
la végétation sud-américaine pour luvre scientifique
de Humboldt, on consultera sur le rôle du terrain tropical dans
la naissance de lécologie dans lespace germanique :
Eugene Cittadino, Nature as the laboratory, Darwinian Plant Ecology
in the German Empire. Cambridge Univ. Press, 1990.
4) Janet Browne, A Science of Empire : British
Biogeography Before Darwin. Revue dHistoire des Sciences,
XLV, 4 (1992), 453-475.
| Lexpansion coloniale
européenne apporta aux naturalistes une importante quantité
de matériaux détude : le nombre despèces
connues de plantes à fleurs passe ainsi de moins de 6 000
au XVIIIe siècle à plus de 100 000 à la fin du XIXe siècle.
Les chercheurs, de plus en plus professionnalisés et spécialisés,
se voient dotés de collections considérables, alimentées par
de vastes réseaux de collecteurs et de voyageurs recrutés
parmi les agents de lexpansion. Créé en 1793, le Muséum
national dhistoire naturelle fut à Paris le précurseur
et le modèle dun avènement général des grandes collections
publiques, institutionnalisant un mariage entre science et
Etat expansionniste. La seconde moitié du XIXe siècle connaît
un essor sans précédent dinstitutions appuyant la pratique
professionnelle de lhistoire naturelle, non seulement
dans les métropoles européennes, mais aussi en Amérique du
Sud et dans lEmpire britannique.
La constitution dun réseau
de jardins botaniques répartis à travers le monde et animant
un flux permanent de plantes dun lieu à un autre constitue
également pour les botanistes un dispositif expérimental
déchelle planétaire.
Christophe Bonneuil
|
| Lîle de Madère, découverte au début du
XVe siècle par les Portugais, a joué un rôle fondamental dans
lexpansion européenne vers lAtlantique. Madère
et les Canaries deviennent aux XVe et XVIe siècles des entrepôts
pour le commerce portugais vers les côtes africaines, américaines
et asiatiques. Au XVIIIe siècle, ces terres deviennent des
lieux dexpéditions scientifiques et dessais de
techniques dobservation directe. Les classifications
de Linné (1735) y trouvent un bon terrain dexpérimentation.
A la suite du passage de nombreux scientifiques John
Byron, James Cook, Karl von Humboldt, etc. , le British
Museum, luniversité de Kiel, luniversité de Cambridge
et le Muséum national dhistoire naturelle de Paris deviennent
dépositaires de certaines collections de ces îles.
La ville de Funchal devient un véritable
jardin botanique, témoignant de limportance prise
par lacclimatation des plantes à valeur économique,
médicinale ou ornementale. Les plantes acclimatées à Madère
la canne à sucre notamment vont être disséminées
dans toutes les colonies, et inversement. Lîle joue
alors un rôle dintermédiaire entre les colonies et
les jardins de Lisbonne, Coïmbra et Porto.
Cécile Costesec
Sources : Das ilhas jardins aos jardins das ilhas,
Alberto Vieira.
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Christophe Bonneuil est historien
des sciences au centre Alexandre Koyré et spécialisé
dans l'histoire de la recherche biologique dans les tropiques.
www.koyre.cnrs.fr
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