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Faut-il
avoir peur des ONG ?
Isabelle Biagiotti, Le Courrier de la planète

e cabinet de communication Edelman PR Worldwide,
qui appartient au Global Compact, a mené en 2000 une étude sur
les raisons de limpact des ONG dans la société. Les résultats
de cette étude ont été publiés en janvier 2001. Ils indiquent
combien les ONG jouissent dune bonne image et dune
forte confiance dans les opinions publiques des pays industrialisés
(Australie, France, Royaume-Uni, Allemagne et Etats-Unis) dans
les domaines de lenvironnement, de la santé et de la politique
sociale.
Selon cette étude, les ONG sont considérées
comme "la source mondiale crédible" pour toutes ces
questions. Les raisons de cette crédibilité ? Elles ne défendent
pas leurs propres intérêts, elles savent utiliser les médias et
Internet de façon à toucher directement le consommateur, explique
létude Edelman. Leur force vient aussi de leur capacité
à travailler en réseau et à réagir rapidement.
Seule lopinion américaine continue
de faire confiance à ses entreprises (44 % des personnes interrogées).
Même des sociétés ayant connu de graves problèmes environnementaux
comme Monsanto et Exxon gardent aux Etats-Unis un potentiel de
confiance égalant celui dONG très connues comme Greenpeace,
World Wildlife Fund ou le Sierra Club. Mais cette bonne image
reste fragile. Les ONG américaines sont de plus en plus critiques
des entreprises. Les consommateurs pourraient aussi prendre ombrage
des trop bonnes relations entre la nouvelle administration Bush
et les entrepreneurs et se tourner vers les ONG pour disposer
dinformations impartiales. A linverse, la France est
le pays où les ONG disposent du plus fort indice de confiance
(55 % des personnes interrogées) comparé au gouvernement (17 %),
aux médias (5 %) et aux entreprises (10 %).
Pour le Cabinet Edelman, une telle étude
montre que les règles de la communication ont changé. La forte
présence des ONG dans les médias (elle aurait été multipliée par
cinq durant les quatre dernières années) a contribué au renforcement
de leur image. Au contraire, les entreprises auraient de plus
en plus de mal à gérer cette image et à établir un lien direct
avec les consommateurs.
Ces résultats éclairent dun jour
nouveau les récents propos de certaines ONG : "Notre
cible, ce nest plus les gouvernements, ce sont les entreprises",
expliquait Mike Brune, le directeur de campagne de Rain Forest
Action Network aux reporters du Wall Street Journal à Gênes. Quel
est le sens dune telle évolution ? Ayant plus ou moins
déjà négocié leur droit à la parole face aux Etats, les ONG tourneraient-elles
leurs efforts vers les entreprises ? La mondialisation libérale
naurait-elle que les ONG à opposer aux entrepreneurs ?
Déjà, létude Edelman suppute que les plus grandes ONG vont
connaître dans quelques années des attaques semblables à celles
que connaissent les multinationales en raison même de leur visibilité.
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