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La
presse boude Porto Alegre
Cécile Costesec, Le Courrier de la planète
lors
quen janvier 2001, différents acteurs ou témoins du Forum
social mondial (FSM) ont eu limpression que cette manifestation
avait un grand impact sur la presse internationale, il semble,
six mois plus tard, que la répercussion de cet événement nait
pas été aussi importante. Certes, le sujet a été abordé et le
Forum social de Porto Alegre sest clairement posé comme
contre-pied au Forum économique de Davos, mais peu de quotidiens
se sont vraiment interrogés sur cet événement.
Compte tenu
de la forte présence de la France lors du Forum social, il nest
pas surprenant de constater que la presse nationale a assez largement
couvert lévénement (Libération, Le Figaro, Le Monde
et LHumanité), même si les participations de José
Bové et de Jean Pierre Chevènement ont parfois détourné le sujet.
Dun point de vue international, les répercussions médiatiques
ont été assez décevantes, peut-être en raison de la faible participation
africaine, asiatique, nord-américaine ou océanienne. La presse
latino-américaine, dont la présence fut largement majoritaire,
aborde peu le sujet, exception faite de la presse brésilienne.
Aux Etats-Unis, les cinq quotidiens les plus importants (USA
Today, The Wall Street Journal, The New York Times, Los
Angeles Times et The Washington Post) nont pas
publié un seul article. Seul The International Herald Tribune,
de portée plus internationale, traite le sujet, et le Wall
Street Journal y fait une brève référence.
La presse
britannique na pas prêté beaucoup plus dattention
à Porto Alegre. The Times publie un article sur le forum de Davos
dans lequel le FSM est mentionné ; le Financial Times
publie un long article qui critique Porto Alegre ; The
Guardian en publie cinq et The Independant traite seulement
de lordre dexpulsion de José Bové par les autorités
brésiliennes.
En Espagne,
on trouve une vingtaine darticles dopinion en faveur
de ce rassemblement mais peu dinformations, excepté sur
la présence de José Bové. On peut penser quil sagit
là dun débat minoritaire dont peu dEspagnols ont pris
connaissance. Néanmoins, le Forum économique de Davos na
pas eu non plus de grandes répercussions dans la presse espagnole.
Dans la presse
mexicaine, seul larticle de Carlos Torio "Si loin,
si près
" traite de linauguration du Forum et
de ses objectifs dans le quotidien Reforma. En revanche, lintérêt
pour Davos, où le président Vicente Fox sétait rendu, est
manifeste.
En Uruguay,
compte tenu de la forte participation du pays au Forum social,
il est surprenant de voir que les quotidiens El País et
El Observador ont utilisé des agences dinformation
pour couvrir lévénement. Ils nont pas effectué un
réel travail dinvestigation et danalyse, doù
des informations très générales, mal structurées et de mauvaise
qualité. Notons que El Pais na publié que des articles
anonymes sur le sujet.
De manière
générale, dans la presse argentine, la couverture du FSM na
pas été très importante. Clarín, La Nación et Página
12 ont publié avec parcimonie des informations de mauvaise
qualité.
Plusieurs
raisons peuvent être invoquées pour expliquer un tel manque dintérêt :
le caractère expérimental du FSM, le faible nombre de pays présents,
la peur de la presse de sengager politiquement, le grand
nombre dateliers organisés, un manque dinformation
préalable
Le prochain FSM, qui aura lieu en janvier 2002,
devra encore gagner la bataille de la communication !
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