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63 - Société civile mondiale
La montée en puissance
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Un ennemi, des tactiques
Amory Starr, Colorado Sate University

Les études universitaires ont montré les conditions historiques qui ont conduit à l’hégémonie mondiale des entreprises à un moment de la progression du capitalisme. Cette étude est centrée sur la réponse des mouvements sociaux qui s’organisent contre la domination des entreprises. On peut facilement admettre qu’un tel mouvement puisse exister, mais existe-t-il vraiment ?

es discours anti-entreprises sont visibles dans bien des endroits et se déclinent selon différentes approches idéologiques : à gauche comme à droite, dans le premier comme dans le tiers monde, chez les ouvriers comme chez les petits bourgeois, chez les urbains comme chez les ruraux. L’utilisation de l’expression "anti-entreprises" (en anglais, anticorporate, NDR) par le personnel des sociétés attaquées confirme aussi leur existence. En 1972, le Conseil des Amériques, un groupe de 200 entreprises américaines travaillant en Amérique latine, discuta de la "nécessité pour le monde des affaires de mieux expliquer son action". Un édito de l’International Herald Tribune en 1997 a cité le président du Forum économique mondial disant : "les entreprises devraient commencer à prendre le mouvement anti-mondialisation au sérieux". Les entreprises se savent donc les ennemis des mouvements anti-mondialisation.

Une grande variété de mouvements s’oppose aux entreprises. On peut les regrouper en trois types : le premier mode, où l’opposition aux entreprises est la plus explicite, est la contestation et la réforme. Les pacifistes et les défenseurs des droits de l’homme critiquent depuis longtemps le comportement des multinationales. Ils ont été rejoints par les opposants à l’ajustement structurel et ceux qui réclament des réformes agraires, les cyberpunks et certains mouvements explicitement "anti-entreprises". La plupart veulent réaffirmer l’autorité de l’Etat afin de limiter les abus des entreprises et les amener à fournir des services sociaux.

Le deuxième mode, la mondialisation par le bas, fait référence au développement d’un populisme international. Les travailleurs du monde s’unissent contre une dépossession recouvrant de multiples lieux d’oppression. Adoptent cette approche : les mouvements environnementaux, les socialistes, les syndicats, ceux qui s’opposent aux accords de libre-échange et les Zapatistes. Ces mouvements espèrent dépasser les organes de gouvernance existants.

Le "retrait" est le troisième mode. Qu’il prenne la forme d’une "relocalisation" ou d’un souverainisme, il propose une restructuration radicale de l’économie politique globale, où les communautés locales se coupent elles-mêmes du marché global et de ses acteurs. Ce mode est peut-être le plus nouveau, mais il se combine avec un nombre ahurissant de mouvements, dont les anarchistes, les mouvements de défense des petites entreprises et les nationalistes religieux. Ce mode d’action est moins intéressé par la gouvernance que par le développement de vraies solutions.

Ces regroupements sont des archétypes : aucun mouvement et aucun de leurs membres n’agissent selon un seul mode.

En mettant à jour mes données en février 2000, j’ai été surprise par l’ampleur prise par les mouvements que j’ai commencé à suivre en 1995. Des mouvements "implicitement anti-entreprises" en 1997 sont devenus des éléments actifs. Les jeunes et les anarchistes, que je m’inquiétais de voir considérés comme marginaux à ces luttes, ont depuis été reconnus comme des partenaires valables. La lutte contre le génie génétique et la lutte contre l’Organisation mondiale du commerce sont devenues des campagnes de presque toutes les organisations, qu’il y a si peu de temps, j’osais à peine qualifier de "potentiellement anti-entreprises". Ces mouvements ne sont plus faibles, ils se rencontrent et s’unissent.

société civile
Qu’est-ce que la société civile mondiale ?
Jan Aart Scholte
Université
de Warwick

Le risque idéologique
Maxime Haubert, IEDES- Université Paris-I

Une nouvelle frontière
François Houtart
Centre tricontinental
de Louvain

Un ennemi,
des tactiques

Amory Starr Colorado State University

Des mandats ambigus
Pierre-Jean Roca
IFAID et CNRS-Regards.

La force
du réseau

entretien avec Bernard Dréano
Helsinki Citizens’ Assembly.

Mexique : l’ouverture
au monde

entretien avec Judith Adler Hellman, York University.

ONG arabes : pas encore globales
Sarah
Ben Néfissa
IRD et CEDEJ.

espaces publics mondiaux
Se jeter
dans l’arène
Lisa Jordan
Fondation Ford et Peter
Van Tuijl

NOVIB.

Politique sans frontières
entretien avec
Marcos Aruda
PACS, Brésil.

Réformer l’ONU ?
David Steele

Le Global Compact
Isabelle Biagiotti,
Courrier
de la planète.

 

 

 

Avec les
ONG du Sud

entretien avec Kamal Malhotra
Programme des Nations unies pour le développement.

Le grand méchant loup ? John D. Clark,
Banque mondiale.

Faut-il avoir peur des ONG ?
Isabelle Biagiotti, Courrier
de la planète.

L’ombre
de l’OMC
entretien avec
Mireille Perrin, WWF.

Violences illégitimes
entretien avec Julien Lusson
AITEC.

porto alegre
Une nouvelle Internationale ?
Germàn Solinís
Carlos
Milani

Unesco.

L’heure
du politique
table ronde avec
Henryane
de Chaponay
CEDAL
Yannick Jadot
Solagral Gustavo Marin
FPH
Bernard Pinaud
CCFD.

La presse boude Porto Alegre Cécile Costesec Courrier
de la planète.

Mondialiser le Forum,
entretien avec
Francisco Whitaker, Commission brésilienne Justice et Paix
et Candido Grzybowski
Institut brésilien d’analyses sociales et économiques.

Inventons
de nouveaux pouvoirs !

Hillary Wainwright,
The Red Paper.

repères
La planète associative

Société civile: avec ou sans l'Etat?

Chronplogie d'une montée en puissance

       
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Dernière mise à jour Thursday 22 December, 2005