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Biodiversité Conserver pour qui ? |
Entretien avec Mariteuw Chimère Diaw, Centre de recherche forestière internationale
Différents types d'acteurs, situés à des échelles plus ou moins lointaines, s'octroient des droits sur les ressources naturelles et leur mode de conservation. Les plus éloignés des ressources adoptent une posture morale de défense de la nature qui exclue les populations locales de tout projet de conservation. Une imposture qu'il convient de contrer en replaçant l'homme au coeur de tout projet qui viserait à réorganiser nos relations avec les autres espèces et l'environnement. Projet qui résultera d'un compromis dynamique.
Courrier de la planète : Quelles sont les sources du conflit actuel sur le foncier en Afrique ?
Mariteuw Chimère Diaw : Pour comprendre la situation actuelle, il faut remonter au conflit juridique, discursif et culturel entre l'Etat et les communautés locales qui est né avec la colonisation. Celle-ci a créé une rupture de fond entre le domaine foncier de l'Etat colonial, établi sur les terres autochtones dites "vacantes et sans maîtres" - et plus ou moins réservées aux entrepreneurs européens privés -, et les autres types de terres et de "réserves indigènes".
Par la suite, il s'est établi, autour des années 30, une sorte de compromis juridique après qu'on se soit rendu compte dans les colonies qu'il allait être difficile de "civiliser" les populations indigènes, c'est-à-dire de leur faire adopter la propriété privée. En clair, il convenait de laisser exister pour un temps les modes de propriété coutumière, vu que les titres privés n'étaient pas adoptés, notamment en milieu rural.
Paradoxalement, le "nationalisme foncier" africain des indépendances s'est appuyé sur cette séparation coloniale entre le domaine de l'État et celui des communautés. Il l'a même radicalisé puisqu'à la fin des années 50 les législations coloniales commençaient à s'assouplir en réponse à la pression indépendantiste. La hantise des décideurs africains des années 60, toutes tendances confondues, étaient de voir s'écrouler les bricolages ethno-politiques et sociologiques hérités du partage colonial. L'État-nation s'étant érigé comme creuset unique d'unité nationale et de développement, il était logique qu'il s'institue également comme source unique d'autorité et de légitimité foncière. Le problème c'est qu'en dépit de tous les efforts fait depuis plus d'un siècle pour "éteindre" la propriété coutumière, les formes locales de maîtrise sur l'espace sont restées très fortes et même prépondérantes en dehors des villes, des milieux péri-urbains et de certaines zones de développement spécial. Plusieurs études publiées au cours des dix ou quinze dernières années en ont fait le constat.
Cette situation a conduit à un très fort pluralisme légal sur la propriété foncière, qui se manifeste par le chevauchement des règles édictées par l'Etat et les règles coutumières. La grande force de résilience de la tenure foncière coutumière, tel que je la définie, est qu'il s'agit d'une "tenure enchâssée" ; elle est caractérisée par deux principes très simples, qui semblent tenir un peu partout : d'une part, les droits privés sont enchâssés dans les droits collectifs et dans les institutions sociales, notamment les institutions familiales et matrimoniales dotées d'un fort contenu historique ; d'autre part, l'appropriation personnelle se réalise par le travail. Lorsque j'ai construit ma maison ou un terrassement sur les terres de mon lignage ou de mon clan ou que j'ai créé ma plantation ou mon champ sur celles-ci, ces ouvrages restent ma propriété personnelle ou celle de ma famille proche tant qu'il en reste des traces. L'incorporation du travail a la ressource et la trace physique de cet investissement est la source et la marque de l'appropriation privée à l'intérieur de la tenure collective. L'idée que ce système institutionnel est un obstacle à l'investissement est un mythe tenace qui a fait beaucoup de dégâts. Des études publiées à la fin des années 90 sur l'Afrique de l'Ouest, montrent en fait que les sociétés rurales africaines ont au cours du siècle dernier inventé une panoplie de droits "délégués" (à des acteurs extérieurs, migrants ou autres) pour s'ajuster aux déficits de main d'œuvre, de capital et d'investissement des unités domestiques. Cela s'est généralement fait sans le soutien et en marge des politiques officielles.
Cdp : Comment s'opère la hiérarchisation des droits que les différents acteurs s'octroient sur les zones protégées ?
M. C. D. : Il faudrait d'abord souligner que la politique des aires protégées en Afrique s'est construite sur la dichotomie foncière héritée du colonialisme et du nationalisme foncier. Les néo-protectionnistes radicaux parmi les biologistes de la conservation qualifient d'ailleurs la période des années 60 comme "le zénith de la conservation". Il était alors plus facile d'imposer les aires protégées sans consulter les populations, en mettant en avant le "capital naturel national" exceptionnel constitué par la faune charismatique africaine.
Pour ce qui est de la hiérarchisation des droits environnementaux globaux, il y a tout d'abord les acteurs de proximité, ceux que l'on peut qualifier de "prétendants du premier cercle" : l'Etat et les communautés locales. La légitimité des communautés locales est largement fondée sur le droit du premier occupant. C'est un droit historique universel qui leur procure souvent un accès privilégié aux ressources. Ces populations ont ensuite construit un système institutionnel cohérent qui organise ce droit du premier occupant. La deuxième source de légitimité est fondée, comme je l'ai souligné, sur le fait que l'appropriation foncière est basée sur l'incorporation du travail à la ressource : là où il est évident qu'un espace a été transformé par l'activité humaine, il reste en la possession du transformateur, celui qui a créé la valeur. La personne ou le groupe est alors détenteur de tous les droits relatifs à son investissement : droits généalogique, productif et d'héritage, qui sont des droits "constitutionnels" dans le système coutumier.
Quant aux Etats, l'inflation de leurs droits sur les ressources crée une série de droits subsidiaires que peuvent alors s'octroyer les "prétendants du deuxième cercle" : les gestionnaires d'aires protégées et les industriels, notamment les exploitants forestiers.
Le courant néo-protectionniste cherche à accentuer cette tendance en disant "c'est l'Etat qui est détenteur de la légitimité juridique pour la gestion des ressources naturelles, c'est donc à lui seul qu'il faut s'en remettre en matière de décision environnementale". Cette posture feint d'ignorer l'existence de fait du pluralisme légal ; elle vise en réalité à éviter d'avoir à négocier avec les communautés locales autochtones qui ont pourtant une légitimité historique plus profonde. Ces discours entrent d'ailleurs en totale contradiction avec d'autres propos qui consistent à vilipender les Etats, leur "mauvaise gouvernance" et leur prétendue incapacité à gérer leurs ressources naturelles. Mais quand on en vient aux enjeux de la tenure et du contrôle des ressources, l'Etat redevient miraculeusement un interlocuteur privilégié…
Ces atermoiements tiennent au fait que le seul moyen pour les prétendants du deuxième cercle d'accéder au foncier est de passer par l'intermédiaire de l'Etat qui délivre les titres d'exploitation ou de conservation. Ils doivent donc se subordonner à l'Etat pour pouvoir se positionner sur l'espace local, ce qui leur pose souvent des problèmes de légitimité vis-à-vis des populations. Dans le cas des aires protégées, qui ont été créés à l'origine dans l'esprit d'exclure les acteurs de proximité, il y a une difficulté supplémentaire d'ordre idéologique et pratique ; que se passe t-il lorsqu'il n'y a pas de retombées directe ou indirecte pour les populations ou lorsque celles-ci sont délogées pour faire place à des parcs? Théoriquement, ces derniers pourraient constituer des leviers de développement, mais ce n'était pas leur intention première et cela reste difficile à réaliser. Ceci explique en partie la réticence de certains biologistes de la conservation à négocier les enjeux de droits et de légitimité que posent la gouvernance de la biodiversité ; comment comparer, en effet, les valeurs morales qui fondent la conservation, notamment "l'égalité des espèces devant la création", et celles qui fondent le développement humain, les droits de l'homme et la justice sociale ? Il s'agit là de ce que les philosophes appellent des "valeurs non comparables" - comme l'amour ou la religion ; il s'agit de choix personnels ou sociaux qui exigent des compromis entre les hommes. Du point de vue humain, il n'y a pas de nature en-soi, mais un débat entre les hommes à propos de la nature.
Pour éviter d'avoir à négocier avec les communautés locales, les gestionnaires d'aires protégées font souvent l'erreur d'instrumentaliser le droit de l'État comme arme politique et rhétorique. Il existe ainsi des exemples caricaturaux ; dans un cas que nous avons étudié en Afrique Centrale, les gestionnaires d'un projet "intégré" de conservation-développement ont passé plus de vingt ans à tenter de déloger les populations vivant dans le parc national. Malgré un système de compensation et des propositions d'alternatives, cette démarche a échoué: ils ne sont parvenus à déplacer qu'un seul village sur les six que compte la zone protégée. Pourquoi ?
D'abord, parce que l'idée qu'il fallait absolument vider cet espace de sa population humaine relevait du mythe et de l'idéologie plus que de la science ; les premières études de faisabilité économiques recommandaient d'ailleurs de reconsidérer cette idée de recasement des populations. Ensuite, parce que la faisabilité sociologique de ce déplacement était plus que douteuse ; les sites de recasement choisis par les populations ne convenaient pas aux biologistes, qui les jugeaient trop proches du parc ; les sites choisis par les gestionnaires violaient le système d'alliance et de coexistence territoriale entre les groupes locaux ; il y a donc eu une forte résistance et des conflits. Pour couronner le tout, les gestionnaires se sont réfugié derrière la loi - dont les diverses évolutions disaient grosso modo qu'il ne devait pas, sauf exception, y avoir de gens vivant dans les parcs nationaux - pour refuser de changer de politique. " La loi le dit, donc nous n'avons pas le choix " ; en fait, le choix existait car les textes qui se sont succédés incluaient tous des dispositions légales permettant d'invoquer l'exception à un niveau approprié. En utilisant la loi, non pas comme un instrument ordinaire d'élaboration de politiques mais comme un argument discursif pour clore le débat sur le bien fondé de la politique de recasement, les gestionnaires s'enlevaient les moyens de gérer - to make policy - c'est-à-dire, d'ajuster leurs moyens et leurs objectifs à un contexte donné. C'est ce que j'appelle le legal fencing, l'utilisation rhétorique de la loi comme outil de fermeture d'un débat public. Résultat : 20 ans à tourner en rond et une impasse dramatique oú tout le monde est devenu illégal au terme strict de la loi.
Les exploitants forestiers, deuxième type d'acteur du second cercle, ont également des problèmes avec les populations locales, mais ils ont, en général, moins de difficultés à négocier avec les acteurs du premier cercle : ils rémunèrent les populations locales et sont pourvoyeurs de revenus pour les Etats via les retombées fiscales. Ils sont souvent plus prompts à faire preuve de flexibilité et de réalisme, vu qu'ils poursuivent des objectifs de rentabilité. Ils sont prêts à faire des concessions pour que les affaires tournent… Beaucoup s'engagent de plus en plus dans la certification et la gestion durable qui ont des volet sociaux importants.
Cdp : Vous décrivez enfin un troisième cercle de prétendants à des droits sur les aires protégées…
M. C. D. : Ce troisième cercle est constitué d'acteurs que je nomme les "prétendants de longue distance", ceux qui ont des revendications lointaines sur les ressources. Ces conservationnistes se basent sur des idéologies morales et esthétiques, largement relayées dans le public des pays du Nord, pour légitimer des droits sur des espaces naturels lointains.
Leur discours est dual: il considèrent que la biodiversité est un enjeu global mais refusent de mettre leurs richesses nationales sur le même plan. Ainsi, alors qu'ils s'octroient des droits sur les aires protégées des pays en développement, ils n'assument pas en retour leur devoir de solidarité sur les enjeux de répartition des richesses et de liberté de circulation dans les pays industrialisés. Cela revient à dire: "ouvrez-nous vos parcs, qui sont aussi les nôtres, ceux que Dieu nous a tous offert en patrimoine, pendant que nous vous fermons nos frontières".
Contrairement aux acteurs du deuxième cercle, ce discours lointain a moins besoin des Etats du point de vue opérationnel. Donc le rapport de force qui se joue à ce niveau là est plus un rapport d'imposition sur l'Etat, que de subordination. Pour se faire, le principal outil utilisé est le régime de la dette qui a permis d'imposer aux pays du Sud des objectifs environnementaux tels qu'ils sont conçus dans les pays industrialisés.
Cdp : En fait, plutôt que débattre sur la conservation en soi, pourquoi ne pas réfléchir aux modes de développement qui permettent la conservation ?
M. C. D. : En effet, je pense que la question centrale est de définir la nature des rapports que l'on entretient au sein de l'espèce humaine avant de s'interroger sur nos rapports avec les autres espèces : quel type de société voulons-nous bâtir? Quel type de développement humain cherchons-nous à établir ?
Il s'agit d'un débat social fondamental ; celui de savoir comment nous comptons nous reproduire en temps qu'espèce. Nous devons élaborer une vision du long terme, qui reflète un pluralisme de valeurs, une construction plurielle qui se bâti par des compromis dynamiques, évolutifs.
C'est un débat que les conservationnistes, qui adoptent une posture morale intrinsèque, ne veulent pas aborder. Ils se retranchent derrière l'échec des projets intégrés de conservation-développement du genre que nous avons décrit pour stipuler que conservation et développement ne peuvent pas être conciliés.
Or, précisément, si ces projets intégrés ont échoué, c'est parce que leurs concepteurs ont voulu à tout prix subordonner le développement humain à la conservation, en tentant d'exclure des communautés vers d'autres zones. Il s'agit en fait de projets de " conservation-développement séparés " oú ces deux dimensions s'excluent mutuellement dans l'espace et dans la société. C'est un marché tronqué qui revient à dire : " vos terres et vos droits sous cloche en contrepartie de votre développement et de la modernité loin d'ici ". Ce projet est voué à l'échec à moins d'en changer radicalement les bases. Nulle part le développement ne s'est construit par la séparation entre les " développés " et leurs ressources naturelles…
>Cdp : Cette attitude est sans doute issue d'une longue tradition de conservation qui fait fi des populations locales…
M. C. D. : A l'origine, à la fin du XIXe siècle, les aires protégées ont effectivement été implantées dans des zones de conquête. Des endroits où les populations locales avaient été spoliées, voire "épurées", comme aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Brésil, au Kenya ou bien encore en Afrique du Sud.
Les paysages qui répondaient aux critères esthétiques des conquérants étaient protégés au nom de l'humanité. Quant aux terres les plus fertiles, elles étaient réquisitionnées pour poursuivre les objectifs marchands de la colonisation. Dans le rapport de force qui existait alors, il n'y avait aucun besoin de négocier avec les populations autochtones : les aires protégées étaient imposées par la force sans aucun lien avec les institutions ou les valeurs de ces populations. Le fait que le premier parc national, le parc de Yellowstone aux Etats-Unis, fut créé sur la base de l'éviction des Indiens Shoshone et fut le théâtre, cinq ans après sa création, de la dernière bataille des Nez-percés a une grande portée symbolique.
Pendant un siècle, la surface des aires protégées n'a augmenté que faiblement : dans les années 60, on ne comptait toujours pas plus de 2000 zones protégées dans le monde. Depuis, on en compte plus de 105 000, couvrant près de vingt millions de kilomètres carrés. Elles se sont également énormément diversifiées pour couvrir différents types de gestion, y compris la conservation communautaire et la cogestion. Il reste que le mouvement de conservation moderne n'a pas encore vraiment fait son travail de mémoire.
Cdp : L'approche conservationniste qui prévalait à la fin du XIXe siècle est-elle toujours de mise aujourd'hui ?
M. C. D. : Comme nous l'avons vu, historiquement, les politiques de conservation de la nature se sont construites autour d'aires "protégées" de l'influence humaine sur les écosystèmes. L'émergence de la "conservation communautaire" au début des années 80 a été une tentative de réponse aux nombreux problèmes de gouvernance et d'efficacité posés par l'exclusion des populations locales de la maîtrise de leur environnement. Fortement marquée par l'opposition entre un pôle biocentrique dominant et un pôle anthropocentrique volontariste de gestion participative de la biodiversité, les nouvelles approches ont eu des effets notables mais limités sur la gouvernance démocratique de la biodiversité et la réduction de la pauvreté.
Dans le même temps, s'est développée la conscience que la conservation d'une biodiversité aux facettes multiples et changeantes ne pouvait pas se réaliser efficacement sur seulement 10 à 15 % de l'environnement terrestre, selon les objectifs normatifs fixés par l'Union Mondiale pour la Nature. Paradoxalement, le changement d'échelle impliqué par les limite des approches participatives s'inspirant de la politique traditionnelle des aires protégées est à l'origine d'une résurgence de la "conservation forteresse" ainsi que d'une délocalisation vers le haut de la prise de conscience et de décision sur la biodiversité.
Aujourd'hui, les scientifiques tirent la sonnette d'alarme pour dire que nous sommes face à la "sixième crise d'extinction" massive d'espèces d'une ampleur comparable à celle qui a vu disparaître les dinosaures. Il s'agit là, évidemment, d'un grand sujet de préoccupation qui exige une véritable réinvention du rapport humain à la nature et au développement. Les néo-protectionnistes les plus radicaux proposent plutôt de faire du neuf avec du vieux : abandonner les explorations participatives des années 80-90 et étendre les surfaces de stricte protection pour former des réseaux d'écosystèmes à travers des régions entières et entre les continents. Encore une fois, la question du développement est subsidiarisé dans ce projet lorsqu'elle n'est pas totalement évacuée. Dans les pires scénarios, certains demandent que ces zones soient imposées selon une approche top-down, avec le concours des Etats et des armées, voire d'une force internationale de "maintien de la nature".
Cdp : Renouveler l'appel à la conciliation entre les objectifs de conservation et de développement devient donc un impératif majeur…
M. C. D. : La problématique moderne de la biodiversité est indissociable de celle de la pauvreté et pose, fondamentalement, un problème de gouvernance pluraliste et démocratique du vivant. Les échelles de réalisation de ce modèle de gouvernance sont nécessairement multiples, même au niveau local où la viabilité des objectifs de conservation suppose que ceux-ci soient ancrés dans la viabilité plus large des espaces sociaux qui coexistent et se chevauchent sur un territoire. Ce projet résultera nécessairement d'un compromis, pas d'une vision fondamentaliste de la nature qui exclue les hommes de celle-ci.
Avec près de trois milliards de pauvres et 500 millions de personnes souffrant de la faim, la plupart dans des régions riches en biodiversité, on ne peut pas prétendre que ces deux facettes de la condition humaine contemporaine - les dommages massifs causés aux autres espèces et la pauvreté de masse - ne sont pas reliés. Les conservationnistes devraient replacer l'homme au cœur du projet qui vise à réorganiser nos relations du long terme avec les autres espèces et l'environnement. Cela demande d'inventer de nouvelles formes de solidarité Nord-Sud dans l'économie globale et une gouvernance environnementale créatrice de richesse locale. Bien sûr, cette réinvention du développement, loin du modèle " d'industrialisation sur défriche-brûlis " et des relations économiques inéquitables de l'ère moderne, est plus facile à plaider qu'à mettre en œuvre. C'est pourquoi, conservationnistes et humanistes doivent s'unir pour relever ce défi.
Ce texte a été publié dans une version abrégée dans le Courrier de la planète n°75, Biodiversité:Conserver, pour qui ?
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Dernière modification : 25 August 2008