OMD: un agenda, des stratégies OMD
un agenda, des stratégies

"2005: plus d'excuses!"

L'Action mondiale contre la pauvreté est l'alliance d'organisations, de réseaux et de coalitions nationales qui se mobilisent pour lutter contre l'extrême pauvreté. En 2005, cette alliance interpelle les dirigeants du monde entier afin que ces derniers non seulement respectent mais aillent au-delà des engagements pris dans le cadre des objectifs du Millénaire pour le développement. Les organisations membres de cette coalition mondiale appelle les pays du Nord comme du Sud à s'attaquer aux causes réelles de la pauvreté.
En France, cette action sera relayée par la coalition " 2005 : plus d'excuses ! ", composée d'une trentaine d'organisations françaises (ONG, syndicats, associations environnementalistes, etc.) qui ont choisi de se mobiliser ensemble.
Extraits du texte de position de cette coalition. www.2005plusdexcuses.org

Alors que le monde dispose aujourd'hui plus que jamais de toutes les ressources et de tous les moyens nécessaires pour éradiquer l'extrême pauvreté, des milliards d'individus continuent de vivre dans la misère et sont privés de leurs droits les plus fondamentaux. 30 000 enfants meurent chaque jour de maladies qui auraient pu être soignées, plus d'un milliard de personnes n'a pas accès à l'eau potable, 800 millions souffrent de la faim… Par ailleurs, les inégalités, qu'elles soient entre pays riches et pays pauvres ou au sein même de ces pays, ne cessent de se creuser.

Notre conception du développement et du progrès social est fondée sur le respect inconditionnel des droits fondamentaux, à la fois civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, seuls garants de la liberté et la dignité de chacune et chacun. Le développement auquel nous aspirons est étroitement lié au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, à la démocratie, au respect de l'environnement et à la solidarité entre les populations.

Bien que moins ambitieux, les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), que 191 Etats ont promis d'atteindre d'ici 2015, constituent l'engagement le plus tangible de la communauté internationale pour lutter contre la pauvreté dans le monde. Or, de l'aveu même du secrétaire général de l'ONU, les OMD ont peu de chances d'être atteints d'ici 2015. Face à un tel constat, nous ne saurions nous contenter du discours d'autosatisfaction des gouvernements sur la prétendue augmentation des montants consacrés à l'aide publique au développement, qui ne représentent qu'à peine 45 milliards d'euros par an au niveau mondial, tandis que parallèlement, les transferts nets de richesses des pays du Sud vers ceux du Nord atteignent près de 200 milliards d'euros en 2003.

C'est pourquoi l'ensemble de nos organisations associatives, syndicales, confessionnelles et de collectivités territoriales, qui représentent un large spectre de la société civile française et qui travaillent sur des secteurs très différents (eau, emploi, environnement, handicap, santé, etc.), en France et dans le monde, se rassemblent aujourd'hui en une coalition pour 2005.

Nos organisations entendent affirmer avec force leurs réserves quant aux OMD, qui sont loin de répondre de façon satisfaisante à notre vision du développement.

Ils ne visent à réduire que de moitié la faim et l'extrême pauvreté dans le monde d'ici 2015 : focaliser sur ces cibles quantitatives risque d'inciter à concentrer les efforts sur les moins pauvres des pauvres, au détriment des franges les plus vulnérables.

Ils s'inscrivent dans une logique de besoins chiffrés et définis au nom des pauvres et non de droits. Or, le développement est un processus qualitatif, éminemment politique, qui ne saurait se résumer à de tels indicateurs.

Ils ne considèrent pas les populations en situation de pauvreté comme les premiers experts de la pauvreté. Ils risquent donc à tout moment de faire d'elles les populations cibles de programmes inadaptés décidés par d'autres et non par les acteurs de leur propre développement.

Ils abordent trop la pauvreté sur la base de ses symptômes et non des causes de l'appauvrissement des personnes et des pays. Particulièrement, ils ne mentionnent pas l'accès pour tous à un emploi décent comme élément essentiel de développement.

Selon nous, l'accès de toutes et tous à l'eau potable, à l'éducation et aux soins de base, la lutte efficace contre le sida et la malaria, l'éradication de la faim et de l'extrême pauvreté sont des objectifs illusoires sans une profonde réforme des mécanismes qui président à la création et à la répartition des richesses dans le monde. Nous demandons donc au gouvernement français, à l'Union européenne et, plus largement, à la communauté internationale, de prendre en 2005 des mesures à la hauteur de l'enjeu sur les champs suivants.

Dette. Les pays créanciers doivent assumer immédiatement leurs responsabilités dans l'accumulation de la dette en annulant celle des pays pauvres et en prenant des mesures en faveur des pays à revenu intermédiaire.

Aide. Les pays de l'OCDE doivent tenir leur engagement de consacrer dès maintenant au moins 0,7 % de leur PNB à l'aide au développement. Ils doivent aussi créer une fiscalité internationale afin de financer de façon stable et pérenne les secteurs sociaux essentiels. Par ailleurs, la gestion et l'allocation de l'aide demandent à être profondément réformées afin de répondre réellement aux aspirations des populations concernées, en particulier des plus pauvres, et non aux intérêts politiques, économiques et militaires des pays donateurs.

Commerce. Les pays du Sud pâtissent de règles commerciales inéquitables, parce qu'imposées par les pays les plus riches : la mise en concurrence généralisée, par la pression à la baisse qu'elle exerce sur les prix et les salaires, est un facteur majeur d'appauvrissement, en particulier dans le domaine agricole. Inverser cette tendance implique la mise en place de règles commerciales plus justes et plus transparentes, en particulier la fin des pratiques de dumping, l'affirmation du droit à la protection des marchés pour les produits et services stratégiques et la préservation des services publics face aux mesures de privatisation et de libéralisation imposées.

Evasion fiscale. Les pratiques d'évasion, de fraude et de dumping fiscal privent les pays du Sud, comme ceux du Nord, de ressources indispensables au financement des politiques publiques correspondant aux OMD, tout en contribuant au détournement de l'aide et à la sous-enchère environnementale. Nous demandons donc la disparition des paradis fiscaux, la levée du secret bancaire et une meilleure régulation de la mobilité des capitaux.

Enfin, une répartition plus équitable des richesses, condition sine qua non de la réalisation des OMD, n'est envisageable que dans le cadre d'un véritable " partenariat mondial pour le développement " (objectif n° 8). Un tel partenariat implique une nouvelle répartition du pouvoir au niveau mondial, autrement dit une réforme des institutions internationales, qui garantisse leur soumission au droit international ainsi qu'au contrôle des citoyens et de leurs représentants et la représentation équitable des populations et des Etats, indépendamment de leur poids économique .

Membres:Action contre la faim -4 D- Act Up Paris -AFVP -Agir ici -Agronomes et vétérinaires sans frontières - AIDES - Amnesty International -Animafac - ATD Quart-monde - Attac - CADTM - Care France -CCFD - CFDT - CFSI - CGT - CIMADE - CNAFAL - Confédération paysanne - Construire un monde solidaire - Coordination SUD - CRID - CSM - Cités-unies France - DCC -DEFAP - Eau Vive- Enfants réfugiés du monde - Etudiants et développement - FAGE - Fédération Artisans du monde - FIAN France - FORIM - Frères des Hommes - FSU - FUAJ - Greenpeace - Handicap International - Immigration développement démocratie - Ingénieurs sans frontières - IPAM/AITEC - IRIMEP - Appel des peuples du monde - Jeunesse étudiante chrétienne - Justice et paix - Les Amis de la Terre - Ligue des droits de l'Homme - Max Havelaar - Médecins du monde - Peuples solidaires - Réseau foi et justice - Afrique-Europe - RITIMO - Secours catholique- Caritas France - Secours islamique - SEL - Solidarité laïque - Survie - Terre des Hommes France - Transparence-International France - UNEF - Union Syndicale-Solidaires - UNSA - Voir Ensemble - World Vision France
Avec le soutien de : GREF - RAIDH - RéSo - Starting Block

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Dernière modification : 30 July 2010