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Etats-Unis Que faire de la puissance ? |
Les États-Unis, qui n’ont pas ratifié le protocole de Kyoto pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre, ont choisi la voie du développement de nouvelles technologies non polluantes, notamment au sein du Partenariat Asie-Pacifique, une initiative américaine visant à accélérer la pénétration des technologies d’énergie propre dans six pays à croissance rapide (Australie, Chine, Inde, Japon, Corée et états-Unis). Présentation du programme fédéral de lutte contre les changements climatiques par des responsables de l’administration.
Les États-Unis, qui sont partie à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques, partagent avec de nombreux autres pays l’objectif de stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère terrestre à un niveau qui ne présenterait aucun risque d’interférence nocive avec le système climatique. Pour atteindre cet objectif, il faudra que tous les pays prennent un engagement à long terme et durable. Il faudra également que les milieux scientifiques, technologiques et industriels mondiaux fassent preuve d’une créativité exceptionnelle.
Tous les pays, qu’ils soient développés ou en développement, souhaitent disposer de sources d’énergie fiables, abordables et abondantes, délivrant une énergie propre qui puisse servir de moteur à la croissance économique et à la lutte contre la pollution atmosphérique, un problème croissant dans beaucoup d’économies en développement.
En conséquence, la meilleure méthode pour répondre aux changements climatiques s’inscrit dans un vaste agenda qui favorise la croissance économique, assure la sécurité énergétique, réduit la pollution et, dans le même temps, atténue les émissions de GES. Cette approche globale a été approuvée par les dirigeants du G8 réunis à Gleneagles en juillet 2005. Elle comprend également le Partenariat Asie-Pacifique sur le développement propre et le climat, une nouvelle initiative américaine visant à accélérer la pénétration des technologies d’énergie propre dans six pays d’Asie-Pacifique à croissance rapide (Australie, Chine, Inde, Japon, Corée et états-Unis)1.
Dans le cadre de cet agenda, les États-Unis ont défini une politique générale sur les changements climatiques, composée à court terme de quatre éléments principaux :
A court terme, les États-Unis se sont fixés comme objectif de réduire de 18 % l’intensité de leurs émissions de GES entre 2002 et 2012, ce qui permettra, estime-t-on, de faire des économies cumulées de 500 millions de tonnes métriques d’émissions équivalent carbone pour cette période. Pour y parvenir, l’administration du président Bush a mis en place plus de soixante programmes fédéraux, notamment des partenariats, des campagnes d’information des consommateurs, des incitations financières et des mandats d’action.
En nous tournant vers un avenir plus lointain, nous nous trouvons confrontés à un défi technologique exceptionnel et d’une ampleur considérable. Au XXIe siècle, les émissions de GES liées aux activités humaines proviendront en majorité d’équipements et d’infrastructures qui ne sont pas encore construits, ce qui présente de réelles occasions de réduire ou d’éliminer ces émissions. Au cours des prochaines décennies, des centaines de milliards de dollars seront investis pour répondre à l’augmentation de la demande énergétique, qui pourrait tripler d’ici 2100. Si nous voulons fournir l’énergie nécessaire pour alimenter la croissance économique mondiale, tout en réduisant la pollution et les émissions de GES, nous devrons développer et commercialiser des technologies susceptibles de transformer la façon dont nous produisons et utilisons l’énergie.
Plan stratégiqueLe programme des États-Unis concernant les technologies liées aux changements climatiques (CCTP)2 a été créé en 2002 par le président Bush, dans le but de coordonner, par ordre de priorité, l’investissement annuel, s’élevant à près de 3 milliards de dollars, que l’administration fédérale consacre à la recherche et au développement de technologies nouvelles et avancées qui réduisent, évitent, captent ou retiennent les émissions de GES. Il existe un complément au CCTP, le programme scientifique sur les changements climatiques3, qui coordonne près de 2 milliards de dollars consacrés à la recherche liée au climat.
En septembre 2005, le CCTP a publié son « Plan stratégique », qui adopte un horizon visionnaire de cent ans, et qui est organisé autour de six objectifs complémentaires :
Concernant ces projets d’avenir, le CCTP travaille dans un contexte marqué par l’incertitude sur la sensibilité du climat, les futures tendances des émissions et d’autres facteurs qui risquent d’affecter le rythme et l’ampleur des changements technologiques. En outre, l’entreprise de R&D présente elle-même des incertitudes qui rendent difficile de prévoir avec confiance la disponibilité, les coûts et les résultats de beaucoup de technologies avancées dans l’avenir, ce qui fausse les jugements sur la pénétration commerciale à escompter. En dépit de ces incertitudes, le CCTP s’est fixé d’ambitieux objectifs de développement technologique dans chacun de ses domaines stratégiques et s’attend à ce que l’adoption accélérée des technologies avancées apporte des contributions significatives.
En s’appuyant sur le « Plan stratégique », qui propose une feuille de route pour l’avenir, les états-Unis posent maintenant des fondations technologiques permettant d’élaborer des options d’atténuation réalistes et rentables. Certains programmes de recherche ont pour priorité d’affiner et de faire baisser les coûts des technologies existantes, tandis que d’autres explorent des technologies plus spéculatives. Les principaux domaines de recherche comprennent notamment : le rendement énergétique, l’énergie renouvelable, le bio-raffinage, les technologies du charbon à émissions presque nulles, la séquestration du carbone, l’hydrogène, l’énergie nucléaire avancée et l’énergie de fusion.
Nouvelles technologiesA court terme (moins de 20 ans), la stratégie du CCTP prévoit les réalisations suivantes : des voitures hybrides disponibles commercialement, des immeubles et des processus de production industriels à rendement énergétique élevé, des technologies choisies permettant de capter, d’emmagasiner et de retenir le CO2, des centrales électriques à base de charbon avec cycle de gazéification combinée intégré et des technologies de captage et d’utilisation du méthane.
A moyen terme, de 20 à 40 ans plus tard, ces technologies seraient suivies sur le marché par des véhicules fonctionnant sur pile à hydrogène, des immeubles « intelligents », des technologies transformationnelles pour les industries à forte consommation énergétique, un meilleur captage du CO2, des réductions des émissions de méthane et une énergie nucléaire avancée.
A long terme, ces technologies seraient améliorées et plus largement appliquées. Des technologies encore plus sophistiquées seraient alors mises sur le marché, comme par exemple des matières premières énergétiques issues de la biotechnologie et, peut-être, l’énergie de fusion. En dernière étape, nos sociétés pourraient voir adopter sur une grande échelle des infrastructures à faible taux d’émission, des systèmes de transport intelligents également à faible taux d’émission, l’adoption de l’énergie renouvelable et de l’énergie nucléaire, ainsi que l’adoption à grande échelle de centrales électriques à émission nulle avec séquestration du carbone et la gestion généralisée des émissions de GES autres que le CO2.
Comme les États-Unis reconnaissent qu’une entreprise aussi ambitieuse ne peut être menée à bien par un seul pays, ni même par quelques uns, agissant isolément, ils ont donc cherché d’autres interlocuteurs et ont réuni d’autres pays pour les aider à réfléchir ensemble sur les graves défis énergétiques et environnementaux qui se posent à nous. Ces collaborations, qui comprennent le Forum sur la fixation du carbone4, le Partenariat international pour l’économie de l’hydrogène5, le Forum international Génération IV6 ainsi que le Partenariat mondial sur l’énergie nucléaire7, reflètent les principales orientations stratégiques de nos programmes nationaux de recherche technologique.
Les analyses menées par le CCTP suggèrent que si ces projets réussissent, l’adoption accélérée des technologies avancées, telles que celles qui ont été examinées plus haut, pourrait contribuer significativement aux réductions des émissions de GES, et ceci à un coût nettement réduit.

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Dernière modification : 02 September 2010