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Commerce équitable
La crise de croissance ?
L’entrée dans l’âge adulte
Alors que l’urgence humanitaire et l’aide au développement ont une cote en baisse dans les opinions, le commerce équitable (CE) représente une façon simple de « faire quelque chose de concret », dans l’acte quotidien de la consommation, sans attendre la médiation des représentations et des politiques publiques. Le CE est compatible avec les règles libérales : rien n’empêche un consommateur de payer plus cher pour un produit dont les attributs symboliques (l’équité, la solidarité) lui conviennent.
Certains pensent qu’il s’agit d’une « moralisation » de l’homo economicus dominant, en introduisant du « bien » dans un comportement individuel conduit par le marché et ses acteurs les plus puissants. Mais on peut aussi interpréter l’achat de produits équitables comme un strict comportement d’intérêt et de citoyenneté mondiale – au sens du cosmopolitisme : comme nous n’appartenons pas aux mêmes sphères publiques, si je veux manifester le fait que nous appartenons quand même à un même monde, je dois, d’où je suis, favoriser les droits économiques de ceux qui produisent, dans des conditions sociales que je considère universelles et justes, pour ma consommation. En ce sens, il ne s’agit pas d’une posture caritative, mais bien, dans son idéal, d’un intérêt partagé, donc d’une forme, fut-elle ténue, de citoyenneté commune. Une forme d’économie sociale à l’échelle planétaire.
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Le commerce équitable en crise ?
Grand entretien avec Christophe Alliot, Max Havelaar France - Christophe Maldidier, Solidar’monde - Santiago Paz López, Central piurana de cafetaleros "cepicafe" - Laura t. Raynolds, Center for fair and alternative trade studies
1| Une histoire
Plongeant ses racines dans le mouvement coopératif du XIXe siècle puis les mouvements religieux
de solidarité avec le tiers monde au sortir de la seconde guerre mondiale, le commerce
équitable a connu un tournant majeur à la fin des années 1980 avec l’introduction de la labellisation
des produits. Ce processus de normalisation a préfiguré la forte croissance actuelle du
marché équitable, tant en termes de notoriété que de volumes de ventes. Comment des organisations
comme Max Havelaar France, Artisans du Monde et Cepicafe (coopérative péruvienne
de producteurs de café équitable) ont-elles vécu ces évolutions ?
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LES GRANDS THÈMES DU NUMÉRO
- Le commerce équitable en crise ?
Grand entretien avec Christophe Alliot, Max Havelaar France, Christophe Maldidier, Solidar’monde, Santiago Paz López, Central piurana de cafetaleros "cepicafe" et Laura T. Raynolds, Center for fair and alternative trade studies
- Économie (1)| La transformation du marché Corinne Gendron, Véronique Bisaillon et Ana Isabel Otero, Université du Québec à Montréal
- Économie (2)| La morale de l’histoire Virginie Diaz Pedregal GRET
- Innovation| Le processus d’institutionnalisation Luc K. Audebrand The University of British Columbia Okanagan, Pierre-Olivier Legault-Tremblay, CRISES-HEC Montréal, Annie Camus,Université du Québec à Montréal, Marie-Claire Malo, HEC Montréal
- Filières| La variété des marchés Ronan Le Velly Université de Nantes
- Mexique| L’expérience nationale Marie-Christine Renard Université autonome de Chapingo, Mexique
- Acteurs privés| Concilier rentabilité et solidarité Tristan Lecomte Alter Eco
- Produits d’origine| Cousins ou concurrents ? Denis Sautier et Estelle Biénabe CIRAD
- France| Faut-il réguler le commerce équitable ? Julie Maisonhaute, Plate-forme pour le commerce équitable
- Pauvreté, inégalités| Quels impacts ? Solveig Roquigny et Isabelle Vagneron, CIRAD
- Sénégal| L’option régionale Abdourahmane Gueye, ENDA Tiers Monde
- REPÈRES Une histoire du commerce équitable
- REPÈRES Géoéconomie du commerce équitable
- REPÈRES Les acteurs de l’équitable
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DOSSIER
La consommation engagée
Consommation « engagée », « responsable », « citoyenne », « consumérisme politique », etc. : autant de termes qui tournent autour de la notion plus communément adoptée de « consommation durable ». Cette dernière peut constituer une forme d’oxymore que nous souhaitions contourner : comment en effet consommer durablement ? Difficile à envisager si l’on s’en tient au sens étymologique : achever, accomplir, détruire par l’usage…
Ceci étant posé, la question de fond demeure identique : dans quelle mesure les consommateurs peuvent-ils agir de manière responsable (durable donc) sur les marchés à travers leurs actes d’achat ? « Voter avec son porte-monnaie » en somme, c’est-à-dire saisir le marché comme un lieu d’action politique. Une tendance très prisée à l’heure où les usages politiques se renouvellent dans un mouvement de réappropriation individuelle et où, dans la sphère de la consommation, les préoccupations éthiques, sociales ou environnementales montent en puissance. À cet égard, les succès de l’agriculture biologique ou du commerce équitable par exemple constituent les preuves tangibles que les consommateurs sont de plus en plus attentifs au lien entre les produits qu’ils achètent et les enjeux attachés aux lieux et conditions de leur production.
Pour dénoncer la société de consommation et en finir avec ses effets néfastes, des options plus radicales sont proposées : simplicité volontaire, frugalité, décroissance, etc. La consommation engagée, elle, constitue une voie médiane, réformiste au sein du système : elle ne conteste pas fondamentalement l’existence du marché et pense qu’il est possible, en pesant sur lui, de transformer la société pour la rendre plus juste socialement et moins prédatrice vis-à-vis de l’environnement.
L’idée d’un usage politique de la consommation est très ancienne. Au XVIIIe siècle par exemple, avec le boycott des Américains contre les produits des colons anglais, le marché est envisagé comme un espace de construction identitaire et citoyenne pour une nation en quête d’indépendance. Au tournant des XIXe et XXe siècles, la consommation a été utilisée par des acteurs qui s’intéressaient à la responsabilité individuelle et sociale des consommateurs dans la mise en place du capitalisme occidental (les Consumers’ Leagues américaines, les ligues d’acheteurs européennes, etc.). La mobilisation des consommateurs est alors un moyen pour revendiquer l’acquisition de nouveaux droits (les femmes, par exemple, acquièrent par le marché un statut citoyen que la société, en leur refusant le droit de vote, leur déniait) ou pour construire une solidarité à distance avec d’autres groupes sociaux (le monde ouvrier et ses conditions de travail indignes notamment).
Cette forme d’engagement politique qui se perpétue dans des formes alternatives de consommation soulève immédiatement la question de l’équité : disposons-nous tous du même pouvoir d’infléchir les lois du marché ? Ou quand le pouvoir de transformation est indexé au pouvoir d’achat…
De même, le principe d’une responsabilisation des « consom’acteurs » (une surresponsabilisation ?) par l’intégration de nouveaux devoirs citoyens face aux enjeux globaux, pose un problème d’articulation des rôles : le consommateur est-il soluble dans le citoyen ? >lire p. 42 Car la consommation, aussi engagée soitelle, répond d’abord à une offre et, en ce sens, valide une proposition faite par le marché. Des ambiguïtés de l’immixtion de l’engagement politique dans la sphère de l’économie…
DAMIEN CONARÉ
- DOSSIER
La consommation engagée
- Économie| Consumérisme politique et démocratie libérale, Mads P. Sørensen, Esbjerg Hojskole
- Équité internationale| La surresponsabilisation des consommateurs, Muriel Figuié et Nicolas Bricas, CIRAD
- France| Le consommateur est-il soluble dans le citoyen ?, Sophie Dubuisson-Quellier, Centre de sociologie des organisations, Claire Lamine, Institut national de la recherche agronomique, Ronan Le Velly, Université de Nantes
- Consommer local| Plus qu’une mode, une éthique ?, Yuna Chiffoleau Institut national de la recherche agronomique et Benoît Prévost, Université Montpellier 3
- Japon| Les teikei au-delà des labels Katsushige Murayama, International Federation of Organic Agricultural Movements (Japon), président du réseau Urgenci
- REPÈRES Les formes alternatives de consommation
- Responsabilité| Le pouvoir des consommateurs, Michele Micheletti, Stockholms Universitet
- Électricité| Échapper au marché, Eric J. Arnould, University of Wyoming
- Écolabels| Quel impact sur les consommateurs ?, Gilles Grolleau, Montpellier SupAgro
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Les trois derniers textes sont issus de la conférence sur la consommation durable des 15-16 janvier 2009.
L'ACTUALITÉ DU TRIMESTRE
sélectionnée par la rédaction du Courrier de la planète
- Biodiversité marine : sans, contre ou avec les pêcheurs ?
Alain Le Sann, président du collectif Pêche & développement, réagit à notre précédent numéro « Biodiversité : la haute mer oubliée ». Selon lui, en matière de biodiversité marine, il est important de prendre en compte la dimension humaine, représentée par les utilisateurs de cette biodiversité. Ceux-ci ne sont pas que des industriels : en haute mer, la pêche est également pratiquée par de nombreux artisans. Cette réalité d’une pêche artisanale hauturière, aux pratiques plus respectueuses de l’environnement marin, doit inciter à réfléchir à des formes de protection de la biodiversité fondées sur la cogestion
- Thon rouge : cap sur la CITES !
Le rapport d’experts sur la gestion de la pêcherie du thon rouge par la Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique (Iccat) publié en septembre 2008 était sans appel : il qualifie cette gestion de « parodie » et le fonctionnement de l’Iccat de « honte internationale ». Prenant la mesure de cet échec, Greenpeace a jugé nécessaire de se tourner vers d’autres forums internationaux pour réglementer le commerce international du thon rouge. Particulièrement visée, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore menacées d’extinction (Cites), où Greenpeace souhaiterait inscrire le thon rouge, si possible dès la prochaine conférence des parties de 2010
- Russie : le capitalisme d’État se porte bien
Entre 2003 et 2007, l’économie russe a connu une croissance soutenue d’environ 7 % par an, tirée par l’investissement d’une importante rente pétrolière liée à la hausse du cours mondial. Les années 2006-2007 ont confirmé le renforcement du rôle de l’État dans l’économie : l’expansion des entreprises publiques et la renationalisation partielle de plusieurs secteurs en sont les indices les plus évidents. Les banques d’État Sberbank et VTB ont assis leur domination ; Rosneft est devenu le premier groupe pétrolier russe et Gazprom le premier groupe énergétique diversifié d’Europe. La situation financière qui s’est détériorée à partir de septembre 2008 a conduit l’État russe à prendre des mesures pour atténuer les difficultés : des interventions qui contribuent à renforcer encore un peu plus la capitalisme d’Etat…
Le Courrier de la planète participe aussi à la conception et la rédaction du rapport annuel sur le développement durable Regards sur la terre, édité aux Presses de Sciences Po sous la direction de Laurence Tubiana (Iddri) et Pierre Jacquet (Afd).
Pour l'édition 2009, édité en partenariat avec l'Institut Teri et Rajendra K. Pachauri, Regards sur la Terre 2009 souhaite contribuer à la réflexion en cours sur le système de gouvernance actuel et ses évolutions futures. Ce dossier analyse l’inadaptation actuelle du système institutionnel, créé pour répondre aux problèmes de l’après-guerre, à faire face aux défis du développement durable. Il illustre, en s’appuyant sur des analyses et des études de cas, la diversité des dynamiques en cours et quelques réponses aux enjeux du développement durable. Les exemples choisis portent en eux les prémisses d’une nouvelle gouvernance : les leçons, bonnes ou mauvaises, de ces nouvelles initiatives devront être retenues dans l’élaboration d’un système de gouvernance durable à même de répondre aux défis du XXIe siècle. Enfin le dossier analyse quelques-uns de ces défis et leurs implications pour ce nouveau système.
L'ouvrage comporte aussi un bilan de l'année écoulée, des éléments de prospectives sur les dossiers à suivre en 2009 et un riche dossier Repères.
En savoir plus
En préparation de l'édition 2009, l'IDDRI, l'Afd et le Courrier de la planète ont mis en place une veille info disponible sur le site de l'Iddri à la rubrique Observatoire du développement durable.
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Commerce équitable
- Conférence-débat Commerce équitable : la crise de croissance ?
Vendredi 29 mai 2009 de 10h à 12h
CIRAD - Avenue Agropolis (Campus de Lavalette, Bâtiment 4, Amphithéâtre Jacques Alliot), Montpellier.
Avec :
David Erhart, Fédération Artisans du Monde
Isabelle Vagneron & Solveig Roquigny, CIRAD
Damien Conaré, Courrier de la planète
télécharger l'invitation
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Equi'Sol (association de promotion du commerce équitable) organise, avec ses partenaires européens, du 2 au 4 octobre 2009 le deuxième Salon Européen de Commerce Equitable, Fair Trade in Europe.
Retrouvez les informations sur le salon sur : www.salon-europeen-commerce-equitable.org
- Erratum À la suite d'une erreur d'impression de la page 7, nous mettons en ligne l'article de Corinne Gendron, Véronique Bisaillon et Ana Isabel Otero (Université du Québec à Montréal) : Économie (1)| La transformation du marché
- Retrouvez aussi le numéro annoncé et commenté dans la presse
Aller plus loin avec le numéro
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Forêts
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L'Iddri organise, en partenariat avec AgroParisTech, RefGov, l’Université Catholique de Louvain, l’International Union of Research Organizations et la Région Lorraine, un séminaire international intitulé « Change in Governance as Collective Learning Process. Management, Politics and Ethics in Forestry » du 21 au 24 juin 2009 à Nancy.
Plus d'informations sur le séminaire
- La gouvernance internationale des forêts est le sujet traité par le prochain numéro du Courrier de la planète à paraître en juin. Certains articles seront tirés de ce séminaire.
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Biodiversité
La haute mer oubliée
Nous publions en ligne deux articles du dossier «Instruments de conservation» du cdp86 :
- Ressources marines| Un bien public mondial ?, Gwenaëlle Proutière-Maulion, Jean-Pierre Beurier, Centre de droit maritime et océanique
- Aires marines protégées| Coûts et bénéfices, Ussif Rashid Sumaila, Dirk Zeller, Reg Watson, Jackie Alder, Daniel Pauly, Universitiy of British Columbia
- Vous pouvez toujours écouter les participants de la conférence-débat « Biodiversité : la haute-mer oubliée » du Vendredi 12 décembre 2008 à Agropolis Museum - 951, avenue Agropolis - 34 Montpellier
Aller plus loin avec le numéro
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Balkans
Ecouter les participants de la conférence-débat « Balkans : un avenir européen »
Mardi 18 novembre 2008 de 14h45 à 16h45, à Sciences Po - 27, rue Saint-Guillaume – Paris 7e
- TOUTES LES ANCIENNES BRÈVES
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