|
|
Enjeux globaux
Entre savoirs et gouvernance
Entre savoirs et gouvernance
Par certains aspects, les sciences n’ont pas
beaucoup changé au cours des décennies
passées, en particulier pour ce qui concerne
leur organisation interne, disciplinaire, la
vérification par les pairs, etc. En revanche, leur
insertion dans la société et les choix collectifs,
elle, a beaucoup évolué. Il y a quelques temps
encore, nous aurions pu titrer «sciences et
politique». Aujourd’hui, nous titrons «savoirs
et gouvernance». Un simple déplacement
sémantique ? Pas vraiment. Le modèle d’hier
faisait de la science une machine de production
de faits et de vérités (même partielles, provisoiresou sujettes à contestation). Les experts étaient là
pour transformer dans le champ politique (c’est-
à-dire vers l’autorité de gouvernement ou l’état)
les acquis scientifiques. Un modèle rationaliste
et de haut vers le bas pourrait-on simplifier.
Lire la suite
Régime de véridiction|
La force des controverses
Entretien avec Michel Callon, Centre de sociologie de l’innovation
Avant les années 1960, les liens entre les deux disciplines que sont l’écologie et la science économique étaient assez ténus, même si elles partagent la même racine, Oikos logos – le discours sur la maison – et Oikos nomos – la gestion de la maison. Cela est vrai même si l’activité économique a, par définition, toujours interagi avec l’environnement, avec la nature. Déjà, en 1760, Tiphaigne de la Roche dans son Essai sur l’histoire économique des mers occidentales de France s’interrogeait sur les causes du déclin des pêches à l’occasion d’une enquête demandée par Louis XV. Mais cela n’a pas structuré le développement des disciplines scientifiques en train de naître ! Lire la suite
LES GRANDS THÈMES DU NUMÉRO
-
Histoire| Les marchands de doute
Entretien avec Naomi Oreskes,
University of California, San Diego
-
UICN|
Le tournant des années 1980
Selim louafi, Centre de coopération internationale en recherche
agronomique pour le développement
-
Protocole de Montréal|
L’accord modèle
Richard J. Smith, Peter G. Peterson Institute For International
Economics
-
Seuil des 2 °C| Une projection faite objectif
Paul-Alain Ravon
et Béatrice Cointe, Sciences-Po
-
Régime de véridiction|
La force des controverses
Entretien avec Michel Callon, Centre de sociologie de l’innovation
- Agrimonde|
Perspective 2050
Bernard Hubert,
Agropolis international
et Patrick Caron ,
Centre de coopération internationale en recherche
agronomique pour le développement
- Gouvernance|
De l’innovation en démocratie
Sheila Jasanoff,
Harvard Kennedy School
- Evidence-based policy|
La qualité des preuves,
Catherine Laurent, Institut national de la recherche agronomique
- Production du savoir|
Repenser la science
Helga Nowotny,
Swiss Federal institute of technology
Peter Scott ,
Kingston University
Michael Gibbons ,
Association of Commonwealth Universities
- Arènes et acteurs|
Coproduction des connaissances
Entretien avec
Sybille van den Hove, Median SCP
- Millennium Ecosystem
Assessment|
Expertise mondiale, intérêts locaux
Marie Hrabanski, Centre de coopération internationale en recherche
agronomique pour le développement
- Fonds mondial|
Bonne santé !
Lorrae van Kerkhoff, the Australian National University
Nicole A. Szlezák
Harvard University
-
Agriculture|
Pour une connaissance
partagée
Judi Wakhungu ,
African Centre for Technology Studies
- OGM|
Compromissions
européennes
Arnaud Apoteker ,
Greenpeace France
- REPÈRES Des connaissances
pertinentes, crédibles
et légitimes
Découvrir tout le sommaire
dossier|Controverses climatiques
L
ongtemps, le Groupe d’experts
intergouvernemental sur
l’évolution du climat (GIEC) a
été érigé en modèle d’expertise
scientifique permettant de
sensibiliser le grand public
et de nourrir le processus
politique : chacun de ses
rapports a correspondu à une
avancée dans les négociations
internationales sur le climat.
En retour, le blocage politique
enregistré avant, pendant
et après la conférence de
Copenhague de décembre
2009 a favorisé la remise en
cause du consensus scientifique
pourtant largement admis. la
révélation d’échanges de mails
entre scientifiques du climat
(le climategate, analysé dans
ce dossier) est venue conforter
cette remise en cause et a
contribué à jeter le discrédit sur
le GIEC. Soudainement placé au
centre d’une tempête médiatique
de grande ampleur, le GIEC a
dû se débattre dans un combat
d’arrière-garde pour lequel, par
nature, il n’était absolument
pas armé. Ce dossier* propose
une analyse scientifique,
journalistique et sociologique
de cette affaire qui illustre à
merveille la complexité des liens
entre science et politique.
Lire la suite
L'ACTUALITÉ DU TRIMESTRE
sélectionnée par la rédaction du Courrier de la planète
- Antilles : pollution
au chlordécone
Pendant vingt ans, de 1972 à 1993, une molécule insecticide,
la chlordécone, a été utilisée en Martinique et en Guadeloupe
pour lutter contre le charançon de la banane, entraînant une
pollution persistante des sols et une exposition accrue d’une
partie de la population à des risques de cancer. très stable,
la molécule ne se dégrade pas naturellement, si bien que
la question de la dépollution est à envisager à long terme.
depuis 2002, de nombreuses études sont menées pour
comprendre comment cette pollution se diffuse et décider
de mesures adéquates pour protéger les nouvelles cultures
de la contamination. un Plan national d’action est chargé de
coordonner l’ensemble de ces recherches.
-
Conjoncture : l’Afrique émergente
Quand l’Afrique s’éveille, ou comment, à la faveur de l’intérêt
grandissant des grandes puissances asiatiques et d’ailleurs, les
analystes portent un regard nouveau sur le continent. entre
autres observateurs, Steven Radelet, ancien du Center for
Global development et actuel conseiller auprès de la secrétaire
d’État Hillary Clinton sur les questions de développement,
a publié Emerging Africa, rapport dans lequel il analyse les
trajectoires d’émergence de dix-sept pays africains. avec une
croissance annuelle moyenne de 5 % sur la période 1996-
2008, ces pays sont sur la voie du changement, jalonnée
par des gouvernements plus démocratiques, des politiques
économiques plus judicieuses, la fin de la crise de la dette, etc.
le tout conduit par une nouvelle génération, plus mondialisée,
de politiques, d’hommes d’affaires et d’activistes.
-
Biodiversitée : restaurer plutôt
que conserver
L'année internationale de la biodiversité, 2010 représentait
l’échéance d’un objectif fixé en 2002 : « réduire significativement
le rythme actuel de perte de diversité biologique ». au bilan, force
est de constater que cet objectif n’a pas été atteint, comme
le confirment de nombreux rapports, dont Planète vivante
2010 du WWF. Comme 60 % des écosystèmes sont considérés
comme « dégradés », le Programme des nations unies pour
l’environnement conclut dans son rapport Planète vivante,
planète morte que leur restauration doit devenir une priorité.
Car dans une telle situation, la conservation des écosystèmes
intacts, si elle reste un idéal, devient presque un luxe…
Le Courrier de la planète participe aussi à depuis 2006 la conception et la
rédaction du rapport annuel sur le développement durable
Regards sur la terre, édité par Armand Colin
sous la direction de Laurence Tubiana (Iddri), Pierre Jacquet (Afd) et Rajendra
K. Pachauri (TERI).
Regards sur la Terre décrypte chaque année la complexité des processus qui
composent le développement durable et en révèle toute la richesse.
La première partie « Regards sur 2010 » dresse le bilan de l’année et propose
un état des lieux des questions et discussions internationales : retour mois par mois
sur les dates qui ont illustré l’avancée des connaissances, de la négociation des politiques
et la construction de l’action dans les domaines du climat, de la biodiversité,
des ressources naturelles, de la gouvernance, de l’énergie ou du développement ;
retour sur les événements clés, identification et analyses croisées des tendances émergentes ;
regards et réflexions d’acteurs majeurs de la communauté internationale sur les enjeux
et les perspectives.
La deuxième partie « Dossier 2011 » est consacrée au thème des océans.
Ces derniers ont joué un rôle déterminant dans l’histoire des sociétés,
mais l’essentiel reste peut-être à venir. Dans un jeu aux multiples inconnues,
risques indiscutables et potentialités inouïes cohabitent ; les défi s politiques,
technologiques, environnementaux enflent et se précisent chaque année.
Les océans sont la dernière frontière planétaire et l’un des défis cardinaux de
tout modèle de développement. Comment rendre les activités de demain compatibles
avec la préservation de l’espace le plus vaste et le plus riche de la superficie planétaire ?
Économistes, scientifiques, géographes, spécialistes croisent leurs regards et leurs expertises
pour apporter éclairages et éléments de réponses.
En préparation des annuels, l'IDDRI, l'Afd et le Courrier de la planète ont mis en place une veille info disponible sur le site de l'Iddri à la rubrique Observatoire du développement durable.
|
|